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L’ulcère gastrique chez le cheval : mieux le connaître pour mieux le guérir

14 décembre 2017

Aviez-vous réalisé que le nombre d’ulcères gastriques diagnostiqués chez le cheval est en augmentation alarmante? Pour mieux comprendre le problème -et surtout le prévenir- cheval-energy.com vous fait le point des données scientifiques et vous explique l’estomac du cheval, en collaboration avec le laboratoire NAF Equine. Pour l’ulcère comme pour beaucoup de pathologies, mieux vaut prévenir que guérir !

 

Des chiffres alarmants !

L’augmentation du nombre de diagnostics d’ulcères gastriques chez le cheval a été rendue possible par l’utilisation d’endoscopes suffisamment longs (environ 3 mètres !) pour permettre un examen facile de l’estomac du cheval, et à une sensibilisation des propriétaires de chevaux aux symptômes de cette affection fréquente.

L’observation in situ de l’estomac du cheval a montré que Jusque 90% des chevaux de course, plus de 60% des chevaux de compétition et plus de 30% des chevaux de loisirs souffrent du syndrome des ulcères gastriques équins !

Ces chiffres sont incroyablement élevés, c’est pourquoi propriétaires et professionnels doivent tout faire pour prévenir les ulcères gastriques chez le cheval.

Quelques notions à connaître sur l’anatomie et de physiologie de l’estomac du cheval

Depuis le Poney Club, nous savons que les chevaux à l’herbe mangent en continu … jusqu’à 16 heures par jour ! Il est alors facile de comprendre que le système digestif du cheval (estomac compris) est adapté à ce mode de vie. Et nous savons également que de nombreux chevaux vivent en écurie sans pouvoir consommer leur aliment préféré tout au long de la journée. Certains supportent ce mode de vie … d’autres moins.

Allons maintenant faire un tour du côté de l’estomac afin de mieux comprendre comment il fonctionne et comment la vie en écurie peut participer à la survenue d’ulcères gastriques chez votre cheval.

Pour ceux qui ont eu la chance (ou la malchance !) d’assister à une gastroscopie (observation de l’estomac par un endoscope), ils ont pu observer que l’estomac du cheval est divisé en deux zones : une moitié inférieure rose foncé appelée « muqueuse glandulaire », et une moitié supérieure plus claire ou « région squameuse ».

La muqueuse glandulaire héberge des pompes à acide qui envoient continuellement de l’acide dans l’estomac ; c’est aussi à cet endroit que les enzymes contribuent à commencer la digestion de la nourriture. A cause des conditions acides dans le bas de l’estomac, la paroi est beaucoup plus épaisse et possède une protection naturelle contre l’acidité.

La région squameuse n’est pas aussi chanceuse et est presque sans protection face à l’acidité ! Heureusement, dans les conditions idéales, cette region squameuse bénéficie de 2 protections passives : lorsque le cheval mange de l’herbe tout au long de la journée, la mastication active la production de salive, qui contient du bicarbonate et aide à neutraliser l’acidité de l’estomac ; de plus, la présence physique de nourriture agit comme un pansement et limite le contact de la muqueuse avec les sécrétions acides.

Quels sont les facteurs prédisposant aux ulcères gastriques chez le cheval ?

L’alimentation

Généralement, les chevaux de compétition ont un régime pauvre en fibres, c’est-à-dire que la quantité de foin et de fibres coupées est contrôlée et pas en libre accès. Comme nous l’avons vu plus haut, cela limite la sécrétion de salive et la neutralisation de l’acidité, et favorise un contact anormal entre la région squameuse et les sécrétions acides.

Différentes études (Nadeau et al 2000, Coenen, 1990) ont fourni les preuves qu’une alimentation en continu à base de foin, ou au moins une distribution de foin toutes les cinq heures, est préférable.

Par ailleurs, un régime riche en concentrés peut aussi être un facteur prédisposant aux ulcères gatriques chez le cheval. En effet, la fermentation de l’amidon par les bactéries présentes dans l’estomac libère des acides gras volatiles qui, avec le pH acide, peuvent causer davantage de dommages dans la région squameuse (Nadeau et al 2003).

Le travail

Nous savons que les régimes alimentaires inadaptés offerts aux chevaux de compétition peuvent les rendre plus sujets aux ulcères gastriques équins.  Des recherches ont également examiné le sort du contenu de l’estomac pendant le travail. Le travail entraine une pression abdominale accrue, ce qui signifie que l’estomac est compressé et que le contenu acide est poussé plus loin dans et autour de la région squameuse non protégée. Par conséquent, un travail régulier peut favoriser l’apparition des ulcères gastriques chez le cheval de compétition (Lorenza Figueras and Merrit 2002).

Le stress

Mettre les chevaux au box est aussi un facteur contribuant à la formation des ulcères. Dans une étude, les chevaux habitués à être en pâture développent des ulcères dans la région squameuse sous sept jours lorsqu’ils sont mis en box (Murray and Eichorn, 1996).

Potentiellement, le fait d’être isolé des autres chevaux ou de ne pas pouvoir manger en continu peut également déclencher la formation d’ulcères.

Le transport, même sur des durées de seulement 4 heures, peut favoriser l’apparition d’ulcères gastriques chez le cheval. Ici encore, les effets d’une interruption dans le processus d’alimentation ou le stress du transport peuvent être les facteurs déclencheurs (MacAllister and Sangiah 1993).

Les médicaments

L’utilisation à long terme d’anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS) tels que la phénylbutazone est connue pour être une cause d’ulcères gastriques chez le cheval (MacAllister et al 1993). Dans le cas des AINS, l’ulcération peut se produire dans la région squameuse mais également dans la région acide de l’estomac. On pense que l’utilisation des AINS réduit la production de mucus qui protège la paroi de la région acide (Murray et al 1991).

Comment soigne-t-on un cheval atteint d’ulcère gastrique ?

Si des ulcères gastriques sont confirmés chez votre cheval (par gastroscopie), votre vétérinaire prescrira un inhibiteur de la pompe à protons, comme l’oméprazole. Les inhibiteurs de la pompe à protons réduisent l’environnement acide au sein de l’estomac, offrant aux ulcères gastriques le temps de guérir. Le traitement est habituellement prescrit pour quatre semaines, puis continué avec des doses dégressives pour limiter les récidives.

L’oméprazole pour le cheval est habituellement conditionné en seringues orales, facile à administrer, et la pâte orale est  gastro résistante c’est-à-dire que le principe actif n’est pas détruit dans l’estomac et absorbé dans sa totalité dans l’intestin.  En effet, la molécule doit passer par le sang pour être efficace et n’agit pas directement dans l’estomac du cheval !

Qu’en est-il de la supplémentation orale ?

Le traitement médicamenteux des ulcères gastriques chez le cheval est fréquemment secondé ou relayé par une supplémentation orale, moins onéreuse et plus naturelle. Il existe de nombreuses formules présentes sur le marché. L’efficacité de certaines formules a été prouvée cliniquement.

La responsable technique de NAF,  Claire Rowlands (BSc) explique : « Nous pouvons contribuer à réduire le risque d’ulcères gastriques chez le cheval via la supplémentation. Pour les chevaux qui semblent être toujours sur le point de contracter des ulcères ou pour ceux qui souffrent quotidiennement d’interruption dans le processus d’alimentation, NAF offre une supplémentation avec des produits tels que des antiacides et un soutien de qualité à base de plantes. Cela peut contribuer à protéger la paroi de l’estomac des attaques indésirables de l’acide, ainsi que fournir un environnement sain au niveau système digestif. »

Mieux vaut prévenir que guérir !

Pour conclure, chacun peut participer à limiter les ulcères gastriques chez son cheval en respectant certaines règles en rapport avec son alimentation, la gestion de son environnement et du travail demandé.

Cherchons, dans la mesure du possible, à respecter leur besoins physiologiques en s’inspirant de leur vie naturelle, et à nous adapter à chaque cheval !

Voici quelques astuces (liste non exhaustive) qui pourraient vous aider dans votre quête préventive :

– les changements dans l’alimentation et dans la gestion quotidienne devraient toujours être faits progressivement afin que l’organisme puisse s’adapter un minimum,

– les chevaux ont besoin d’un apport régulier d’une nourriture de qualité et ne devraient pas se passer de fourrage pendant plus de cinq heures,

– le fourrage devrait constituer la majorité de leur alimentation (au moins 70%),

– les repas de granulés devraient être fractionnés autant que possible.

Enfin, pour les chevaux les plus sensibles, il a été observé qu’un régime riche en calcium peut protéger des attaques acides (Nadeau et al 2000) et qu’un régime incluant de la luzerne serait une bonne base pour des chevaux sujets aux ulcères.

Retrouvez ici la nouvelle formule spécifique du laboratoire NAF Equine : Gastrivet Granulés.

Si vous avez d’autres questions, cheval-energy est là : contact@cheval-energy.com ou 01 46 91 03 38.