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Examens cliniques pour chevaux : Quel outil pour quelle pathologie ?

8 avril 2019

Il existe une grande diversité de pathologies chez le cheval. Toutes ne sont pas identifiables facilement et il arrive qu’il soit difficile de poser un diagnostic de certitude sans avoir recours à des examens cliniques spécifiques. Certaines maladies sont spécifiques d’un organe ou d’un appareil (ensemble d’organes fonctionnant dans le but de régir une fonction propre) et pour cela, la mise en place d’un examen clinique de la région concernée est nécessaire voire indispensable.

Qu’est qu’un examen clinique ?

Un examen clinique est une collecte de données sur l’animal permettant d’orienter les recherches autour d’une anomalie. Tout d’abord, il s’effectue à distance. On observe l’animal de la tête à la queue, on se questionne sur ce qui est normal ou anormal.

  • Comment se tient-il ?
  • Présente-t-il des positions antalgiques ?
  • Présente-t-il des écoulements anormaux ?
  • Présente-t-il des gonflements, zones d’œdème ?
  • Observons-nous des asymétries (amyotrophies, membre gonflé…) ?
  • Semble-t-il douloureux ?

Cette première analyse va ensuite nous guider vers un examen rapproché de l’animal :

  • La fréquence cardiaque et respiratoire : on vérifie le nombre de battements cardiaques et de mouvements respiratoires par minute.
  • Les muqueuses buccales et oculaires : On vérifie leurs couleurs ainsi que le temps que met la muqueuse après pression pour redevenir rose, ce qui nous indique un bon état d’hydratation et de volume hydrique. On pourra également regarder si les muqueuses sont sèches ou humides.
  • Le transit : On vérifie la présence du transit par écoute
  • On palpe les membres et le dos
  • La prise de température à l’aide d’un thermomètre
  • On cherche la présence d’un pouls digité (pouls présent au niveau des boulets si une inflammation est présente)
  • Recherche des zones de chaleurs
  • Les écoutes respiratoires et cardiaques sont importantes et permettent de déceler des anomalies. On peut aussi palper les nœuds lymphatiques sous mandibulaires (assez facilement aussi) et également réaliser une inspection de la bouche grâce à un pas d’âne

Cette première approche de l’animal nous emmène ensuite à investiguer. Une batterie d’examens sont mis à notre disposition et certains sont plus spécifiques de certaines maladies que d’autres.

 

Le bilan sanguin : une aide diagnostic importante

Dans la pratique courante de la médecine vétérinaire, le recours à la prise de sang est très courant. Différents paramètres peuvent être évalués, parmi eux :

  • La numération formule : Cette examen sanguin permet d’évaluer les quantités sanguines de globules rouges, globules blancs mais aussi le niveau d’hydratation grâce à l’hématocrite.
  • La biochimie : On évalue ici des marqueurs d’organes. Les ASAT, ALAT et PAL pour la fonction hépatique. La créatinine et l’urée pour la fonction rénale. La glycémie pour évaluer le taux de glucose sanguin. On peut aussi mesurer la créatine kinase (CK) pour rende compte de la fonction musculaire. On peut aussi faire un bilan des protéines totales.

 

L’imagerie : un outil indispensable

L’imagerie est un grand ensemble utilisé en médecine. Elle est composée de la radiographie, de l’échographie, de l’IRM, du scanner et des endoscopes.

La Radiographie

La radiographie est une méthode nécessitant le passage de rayons X au travers de la zone à explorer. Ces rayons sont fournis par le générateur et sont reçus par le capteur plan. Pour faciliter la lecture d’une radiologie il faut prendre en compte la radio opacité : Le métal apparait blanc et l’air noir. Les tissus mous quant à eux apparaissent gris.

  • Pathologies locomotrices : Tendinites, bursites, fractures, luxations, arthrose, maladie du naviculaire, ostéolyse, ostéomyélite (infection de l’os), fourbure, fissures, abcès ou encore des anomalies du rachis (conflits des processus épineux, douleurs cervicales…).
  • Pathologies cardio-respiratoires : insuffisance cardiaque, œdème pulmonaire (pouvant être secondaire à une cardiopathie), recherche de corps étrangers, anomalies de la silhouette cardiaque ou de l’opacité des poumons pouvant être en faveur de bronchites par exemples.
  • Pathologies digestives : factures de mâchoire ou abcès dentaires.
  • Pathologies osseuses : recherches des fractures pouvant affecter de nombreux os. Il est cependant difficile d’avoir des radios interprétables dans des zones telles que le bassin ou l’épaule dans certains cas de par la profondeur de la région. D’autres examens pourront être proposés.

 

Radiographies de pieds : extraite du site internet de grosbois

L’Échographie

L’échographie est une méthode non invasive utilisant les ultrasons. Les ultrasons passent au travers des différentes couches de la zone à investiguer. À chaque interface, changement de structure, une échogénicité (apparaissant en blanc) est observable. Il existe des tissus très échogènes et d’autres non (liquide par exemple).

  • Pathologies locomotrices : tendinites, bursites, œdèmes, abcès, arthrose…
  • Pathologies cardiaques : insuffisance cardiaque, modification de la silhouette cardiaque ou encore maladies valvulaires.
  • Pathologies digestives : coliques, maladies hépatiques ou pancréatiques (dont les pathologies tumorales), maladies du tube digestif du type malabsorption, prolifération anormale de la muqueuses, diarrhée mais aussi des atonies digestives (ralentissement du transit).
  • Pathologiesuro-génitales : ovaires poly-kystiques, corps jaunes persistants, ovaires de grosse taille, métrite, gestations gémellaires, testicules ectopiques mais aussi pour les suivis de gestation… qui ne sont pas des pathologies cependant.
  • Pathologies oculaires : luxation du cristallin, abcès, ulcères…

 

Image d’échographie tendineuse extraite du site internet EquiVet Services

L’endoscopie

Le principe de cette technique est d’aller explorer à l’aide d’une caméra des zones non facilement accessibles par d’autres méthodes. Cela peut se faire en statique ou en dynamique selon le matériel disponible et la raison de l’endoscopie.

  • Appareil respiratoire : asthme équin, hémorragies pulmonaires, insuffisance à l’effort, cornage, bronchite, bronchopneumonie, mycose des poches gutturales, sinusites, hématome de l’ethmoïde mais aussi la recherche de masses des voies aériennes hautes. Il est possible de faire des endoscopies embarquées à l’effort sur des chevaux ayant pour but de montrer des dysfonctionnements lors d’un effort intense. Pour les chevaux présentant du cornage cela est très utile.
  • Appareil digestif : Œsophagites, gastrites, ulcères, atonies gastrique (mauvais fonctionnement du cardia et du pylore, deux extrémités anatomiques de l’estomac) parfois aussi dans le diagnostic de myases dues à des gastérophiles.

 

Image extraite du site médecine interne chevaux

L’IRM et les scanners

L’IRM et les scanners sont des outils moins utilisés en médecine équine de par la taille de l’animal et l’anesthésie nécessaire à ces examens. Ils sont souvent prescrits en seconde intention car onéreux. Et sont utilisés dans des zones ou les autres méthodes manquent de visibilité.

  • Appareil locomoteur : tendinite du fléchisseur profond sur la partie située dans le sabot, bursites, et maladie du naviculaire.
  • Maladies neurologiques : facture de la boite crânienne ayant des répercussions neurologiques (headshaking, hypersensibilités), déficit des nerfs de la face, néoformations dans la boite crânienne.

 

Qu’en est-il des tests spécifiques ?

Dans cette partie nous allons détailler des examens spécifiques de certaines pathologies courantes en médecine équine.

 

Tests spécifiques des principales pathologies locomotrices

  • Maladie du naviculaire : Test de la planche. On place le pied du cheval sur le bas d’une planche, on redresse la planche dans le but de mettre en hyper extension les dernières phalanges, la bourse naviculaire, le tendon fléchisseur profond et l’os naviculaire.

Test de la planche : Image extraite du site internet France 3

  • Abcès de pieds ou fourbures : Test de la pince à pied. On recherche ici les zones douloureuses de la boite cornée pouvant aider au diagnostic.
  • Tendinites ou arthrose : Tests de flexion des membres. On fléchit les membres pendant une minute puis on fait partir le cheval au trot sur ligne droite. Une anomalie de la locomotion ou un test non supporté peuvent être de bons indicateurs.

L’examen orthopédique dynamique prend aussi en compte de regarder le cheval sur ligne droite au pas et au trot. Puis sur cercles dans un sol mou aux trois allures, sur sol dur seulement au pas et au trot. On peut ajouter un surfaix pour voir si le cheval se dégrade ou pas dans sa locomotion. Cela peut mettre en évidence des cervicalgies par exemple.

 

Examens spécifiques de la fonction digestive :

  • La palpation transrectale : Le vétérinaire est amené à réaliser cet examen lors de coliques notamment afin de déterminer des anomalies de position des organes et ainsi affiner le diagnostic et le pronostic. Des déplacements importants du tube digestif peuvent avoir de grave répercussion et c’est la raison pour laquelle si cet examen indique de gros déplacements, le cheval peut être référé pour chirurgie vers des centres d’urgence.
  • La sonde naso-gastrique : Le vétérinaire peut aussi placer une sonde passant des naseaux jusqu’à l’estomac d’en le but de soulager un animal présentant des surcharges alimentaires (fréquent lors de coliques). C’est aussi un élément diagnostic et pronostic important. On parle de reflux lorsqu’il y a du contenu gastrique en retour dans la sonde. Un reflux de plus de cinq litres peut être considéré comme élément aggravant d’une colique et orienter vers une indication chirurgicale.
  • La paracentèse : C’est le prélèvement de liquide abdominal dans la partie la plus déclive, c’est-à-dire en arrière du sternum. Dans ce liquide on recherche des protéines, des molécules de l’inflammation, des bactéries… tous ces éléments peuvent orienter le diagnostic en cas de coliques ou diarrhées par exemple.
  • L’échographie : c’est aussi un examen couramment utilisé.

 

Examens neurologiques :

  • Test de proprioception (perception de son corps dans l’espace) : lors de ce test on recherche un éventuel déficit. Pour cela on déplace les membres vers l’avant, l’arrière et sur les côtés. On essaye aussi de faire monter le cheval sur une marche.
  • Test de déséquilibre : On tire la queue sur le côté, le cheval doit se rééquilibrer. On peut aussi exercer une poussée assez brève sur un des côtés.
  • Test des mouvements complexes : On fait reculer le cheval ou on le fait marcher la tête haute.
  • Tests des nerfs crâniens : On regarde si le cheval cligne de l’œil lorsqu’on approche brièvement la main. On peut tester l’olfaction avec des aliments appétant. On peut aussi regarder si les nerfs photo-moteurs ne sont pas atteints en présentant une lumière vive dans l’œil qui doit induire une rétraction de la pupille des deux côtés. On s’intéresse aussi à une éventuelle dysphagie (défaillance lors de la déglutition).

 

Pathologie respiratoire :

  • Test de respiration forcée : on fait respirer pendant deux minutes le cheval dans un sac. Une écoute approfondie des champs pulmonaires est ensuite réalisée afin de détecter plus facilement une anomalie. Pour la recherche de l’asthme équin cela est assez répandu.
  • Lavage Broncho Alvéolaire (LBA) : Il est réalisé dans le but de mettre en évidences des anomalies dans les bronches et alvéoles. On envoie de l’eau stérile dans les bronches et on récupère le volume pour ensuite le faire analyser. On recherche des marqueurs d’inflammation, des bactéries ou encore la présence de globules rouges.
  • Test à l’effort : on place le cheval sur un tapis de course avec une endoscopie embarquée et on analyse sa fonction respiratoire.

Test de respiration forcée : image extraite du site VetagroSup

 

Test à l’effort : image extraite du site internet de la clinique vétérinaire de grosbois

Il existe de nombreux tests spécifiques ou non de pathologies. C’est pourquoi l’examen clinique de base est important car il conditionne les examens cliniques complémentaires.