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Syndrome de Cushing chez le cheval : causes et traitements

5 février 2019

Le syndrome de Cushing est une maladie relativement fréquente chez les chevaux âgés, qui se caractérise par un ensemble de symptômes causés par un taux excessif de glucocorticoïdes dans le sang, de manière chronique. Les chevaux atteints de Cushing présentent fréquemment des anomalies au niveau du poil, particulièrement visibles au moment de la mue, qui en sont le signe le plus facilement identifiable. Mais cette maladie affecte tout l’organisme et son issue peut être fatale, c’est pourquoi son dépistage et son traitement précoces sont essentiels.

Comment se manifeste le syndrome de Cushing ?

L’élévation du niveau de glucocorticoïdes circulants affecte l’ensemble de l’organisme et produit donc des symptômes très variés.

Le signe le plus caractéristique est l’hypertrichose, c’est à dire la modification du pelage. Celle-ci se présente initialement comme une anomalie lors le la mue : le cheval semble avoir du mal à passer de son poil d’hiver à son poil d’été lors du changement de saison. Lors des stades plus avancés de la maladie, le pelage est hirsute, plus long et moins homogène qu’à l’accoutumée.

L’aspect typique du pelage d’un cheval atteint de Cushing. Source : www.forloveofthehorse.com

Une conséquence fréquente de cette hypertrichose est une hyperhydrose associée : le cheval sue de manière excessive, ce qui favorise l’apparition d’infections cutanées. La fourbure est également un risque de complication majeur pour les chevaux atteints de Cushing : plus de 50% des chevaux atteints en souffrent, et il s’agit de la première cause d’euthanasie.Ce syndrome provoque également chez les chevaux une polyurie associée à une polydipsie : le cheval urine davantage en raison de l’excès de cortisol dans le sang qui provoque une augmentation de la filtration effectuée par les reins. Pour compenser cette perte d’eau par l’urine, ainsi que celle perdue par l’excès de sudation, le cheval boit également plus qu’habituellement. Il est courant que l’appétit du cheval soit aussi augmenté. Un autre symptôme plus général est la léthargie, qui peut être plus ou moins marquée selon les individus. La maladie provoque également une fonte musculaire progressive, associée à une redistribution de la masse graisseuse, qui s’accumule notamment au niveau de l’abdomen ou encore au dessus de la queue. Enfin, l’effet immunosuppresseur du cortisol facilite le développement d’infections, les chevaux souffrant de Cushing peuvent ainsi présenter des infections urinaires, cutanées, des sinusites, des abcès de pieds ou encore des pneumonies.

 

Quel est le mécanisme de la maladie ?

Le cortisol et son système de régulation

Chez le cheval sain, l’hypophyse sécrète l’ACTH, une hormone chargée de stimuler la sécrétion de cortisol par les glandes surrénales. Le cortisol est un glucocorticoïde essentiel au bon fonctionnement de l’organisme car il influence le métabolisme des protéines, du glucose et des lipides, le tonus vasculaire, l’immunité ou encore les rythmes circadiens. Il est donc essentiel que le taux de cortisol dans le sang soit contrôlé en permanence. L’hypothalamus détecte les niveaux de cortisol circulant dans le sang et assure leur régulation en libérant de la dopamine, une hormone dont l’une des fonctions est d’inhiber la libération d’ACTH par l’hypophyse, limitant de ce fait également la libération de cortisol par les glandes surrénales. Il peut également libérer de l’ADH qui à l’inverse stimule la production d’ACTH. Il maintient ainsi le taux de cortisol circulant autour d’une valeur déterminée dépendant de l’âge du cheval, du moment de la journée, mais également de la saison, particulièrement pour les chevaux vivant au pré qui sont plus affectés par les changements climatiques.

Le dérèglement hormonal à l’origine du syndrome de Cushing

Le syndrome de Cushing correspond à une augmentation chronique du niveau de cortisol circulant, qui peut avoir plusieurs origines. La première est une hypersécrétion d’ACTH, liée à un dysfonctionnement du système de régulation et notamment à une diminution de la sensibilité de l’hypophyse à la dopamine. Avec l’âge, la sensibilité des différents éléments de ce système de régulation diminue et c’est pourquoi la maladie se met en place très progressivement. La seconde cause possible est une sécrétion excessive de cortisol par les glandes surrénales, indépendamment des niveaux d’ACTH. Cela se produit par exemple en cas de tumeur de l’une ou des deux glandes surrénales. Enfin, l’augmentation pathologique de glucocorticoïdes circulants peut être causée simplement par leur administration en excès lors d’un traitement d’une autre affection.

Le syndrome de Cushing est donc une maladie chronique, d’évolution lente, qui touche principalement les chevaux âgés : l’âge moyen des individus atteints est de 20 ans.

 

Le diagnostic du syndrome de Cushing

Le diagnostic repose tout d’abord sur l’observation des signes cliniques décrits précédemment, en particulier l’hypertrichose qui est très spécifique au syndrome de Cushing. Des tests permettent ensuite de confirmer le diagnostic.Le test le plus utilisé est le test de suppression à la dexaméthasone : une dose de dexaméthasone est administrée au cheval, puis le taux de cortisol circulant est mesuré 19h plus tard. Chez un cheval sain, la déxaméthasone injectée active le système de régulation et inhibe donc la sécrétion d’ACTH, et donc de cortisol. Le taux de cortisol mesuré doit donc être bas. Chez le cheval atteint de Cushing, cette régulation ne se produit pas, ou alors de manière insuffisante, et le taux de cortisol mesuré reste alors élevé, permettant alors de confirmer le diagnostic de Cushing. Un autre test couramment utilisé est le dosage de l’ACTH dans le sang. Ce taux est en effet plus élevé chez un cheval atteint de Cushing d’origine hypophysaire que chez un cheval sain. En cas de doute sur le diagnostic, il est possible de réaliser un test de stimulation à la TRH, qui est cependant peu utilisé en pratique en raison de son coût élevé. L’injection de TRH provoque une augmentation rapide du taux d’ACTH chez les chevaux atteints de Cushing alors que les chevaux sains ne présentent pas de réponse.

 

Comment gérer un cheval atteint de Cushing ?

Une fois le diagnostic posé avec certitude, le cheval peut être pris en charge grâce à plusieurs types de mesures. En premier lieu, les mesures préventives ont une importance majeure pour limiter les complications liées à la maladie. Ainsi, il faudra accorder une attention particulière au suivi des vermifuges, vaccinations, soins dentaires, maréchalerie et à l’alimentation des chevaux atteints de Cushing. Une tonte régulière permettra également de limiter de risque d’apparition d’infections cutanées, et une alimentation limitant au maximum les aliments concentrés permettra d’éviter autant que possible les fourbures. Dans le cas où le cheval souffre de surinfections ou de fourbure, celles-ci devront être prises en charge par des traitements et des compléments alimentaires adaptés. Par exemple, Nav X Gold de Hilton Herbs est destiné à soutenir la circulation sanguine au niveau du sabot du cheval.

En complément de ces mesures de prise en charge globale du cheval, un traitement médicamenteux est mis en place pour contrôler l’évolution de la maladie voire même la faire régresser. Le traitement repose principalement sur l’utilisation de la pergolide. Cette molécule est un agoniste dopaminergique, c’est à dire qu’elles a une action similaire à celle de la dopamine et agira donc au niveau de l’hypophyse pour diminuer la sécrétion d’ACTH, et donc de cortisol. Cette molécule permet une amélioration des signes cliniques mais également des paramètres sanguins des chevaux traités. Il existe cependant de nombreux effets secondaires possibles comme l’anorexie, la diarrhée et les coliques. C’est pourquoi le traitement est toujours mis en place progressivement afin d’adapter la dose à la réponse individuelle de chaque cheval. Un autre traitement possible est le trilostane, qui présente l’avantage de n’avoir, à ce jour, pas d’effets secondaires identifiés. Son mode d’action est différent puisqu’il n’agit pas sur les niveaux d’ACTH mais directement sur la sécrétion de cortisol au niveau des glandes surrénales. Cette molécule constitue actuellement le traitement de référence chez le chien, et les résultats chez le cheval semblent également probants, cependant à ce jour le recul n’est pas encore suffisant pour assurer son efficacité, et son prix élevé reste également dissuasif.

 

Quelle est l’évolution de la maladie ?

Dans tous les cas, ces traitements doivent être pris à vie car ils ne soignent pas la maladie de Cushing mais permettent simplement de la maintenir sous contrôle. Il est également nécessaire de réaliser des contrôles régulièrement afin d’ajuster au mieux la dose aux besoins du cheval. Les soins généraux tels que la gestion de l’alimentation, de la ferrure ou encore du pelage sont essentiels et sont même considérés comme la partie la plus importante du traitement. L’association des mesures préventives et d’un traitement médicamenteux adapté permet généralement une amélioration significative de l’état du cheval, qui peut alors retrouver une qualité de vie normale.

 

Sources

  • Rohrbach, B.W., Stafford, J.R., Clermont, R.S., Reed, S.M., Schott, H.C. 2nd, Andrews, F.M. 2012. Diagnostic frequency, response to therapy, and long-term prognosis among horses and ponies with pituitary par intermedia dysfunction, 1993-2004. J Vet Intern Med 26(4):1027–34.
  • Picandet Valérie, 2013. La « Maladie de Cushing » chez le cheval : dysfonctionnement de la pars intermedia de l’hypophyse.
  • Truchelut Christophe, 2009. Actualités thérapeutiques de la maladie de Cushing chez le chien et le cheval : étude bibliographique.