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Cheval âgé : Comment bien s’en occuper ?

9 novembre 2018

Cet article s’adresse bien sûr à tous ceux d’entre vous qui souhaitent prodiguer des soins adaptés à un cheval âgé, pour lui assurer une retraite la plus confortable possible, mais aussi à tous les propriétaires d’un cheval vieillissant, pour prévenir, en connaissance de cause, les dommages dus à l’âge et garder leur cheval en forme le plus longtemps possible.

Quand un cheval devient-il âgé ?

Les vétérinaires de l’IFCE (Institut Français du Cheval et de l’Equitation) considèrent qu’un cheval devient âgé vers 15 ans, même si ses conditions de vie avant cet âge et son activité sportive influencent considérablement l’âge d’apparition des premiers troubles pathologiques liés au vieillissement (entre 15 et 20 ans général). Avec d’une part les progrès de la médecine vétérinaire et d’autre part l’attention plus marquée ces dernières années des propriétaires concernant les soins aux chevaux tout au long de leur vie sportive, la population de chevaux âgés tend à augmenter significativement ces dernières années. On observe généralement une accélération des marques du vieillissement vers 20-25 ans.

Quels sont les troubles liés au vieillissement du cheval ?

Les motifs les plus fréquents de consultation vétérinaires sur cheval âgé sont de très loin les problèmes dentaires et de digestion, les troubles de la locomotion, la fourbure, et… la maladie de Cushing, une maladie très répandue en gériatrie équine.

Les troubles dentaires et de digestion du cheval âgé (ils sont liés !)

Les problèmes dentaires sont extrêmement fréquents chez les chevaux seniors. Environ 40% des vieux chevaux sont concernés. Rien de grave généralement, les dents des chevaux âgés sont en effet affectées par une perte de leur email, comme pour les humains.

L’usure normale qui maintient l’appareil masticateur (« la table dentaire » qui permet grâce à des dents bien ajustées de mastiquer correctement les aliments) en bon état fonctionnel cesse alors de fonctionner correctement et des crêtes ou arêtes coupantes apparaissent alors dans la bouche du cheval, provoquant des douleurs dentaires et gingivales lors du broutage et de la mastication, et parfois aussi des blessures de la bouche.

Cette mauvaise usure des dents crée en pratique des déchaussement et empêche le cheval de s’alimenter correctement : les aliments sont insuffisamment mastiqués en raison des problèmes dentaires sous-jacents. L’ingestion et la digestion est alors plus difficile, le système digestif ne parvenant plus à jouer son rôle correctement. Les besoins nutritionnels risquent alors de ne plus être couverts en totalité et en vieillissant les chevaux ont donc tendance à perdre du poids.

Les troubles du système locomoteur du vieux cheval

Les articulations du cheval vieillissant subissent une altération dégénérative du cartilage, c’est l’arthrose. L’âge d’apparition de cette arthrose dépend de très nombreux facteurs : terrain génétique, mode de vie, intensité de la pratique sportive, apports en chondroprotecteurs. Les douleurs engendrées par cette arthrose sont responsables de difficultés à se déplacer qui peuvent aussi engendrer un amaigrissement par fonte musculaire.

En plus de ce vieillissement articulaire, leur digestion souvent moins performante ne permet plus de couvrir les besoins des chevaux seniors en minéraux, oligo-éléments et vitamines. L’élimination de certains minéraux excédentaires, comme le phosphore, peut aussi être perturbée par le vieillissement des reins.

La fourbure est également une affection fréquente chez le cheval âgé hébergé en pâture.

La maladie de Cushing

La maladie de Cushing touche environ 15% des chevaux âgés. C’est une maladie liée à un dérèglement hormonal du cheval vieillissant. Elle se caractérise principalement par l’hirsutisme, une anomalie de la mue et une robe et un pelage altérés.

Comment repérer les premiers signes du vieillissement chez le cheval ?

Les pathologies possibles du cheval âgé liées au vieillissement étant multiples, les signes du vieillissement de votre cheval sont nombreux. On en distingue 3 principaux (en dehors des pathologies aisément reconnaissables comme la fourbure et la maladie de Cushing) :

  • Des troubles dentaires provoquant une mastication douloureuse et une mastication plus lente, visiblement gênée et moins efficace
  • Une locomotion de moins en moins aisée : raideurs articulaires, boiteries, affections à répétition des tendons
  • Une perte d’état liée d’une part aux troubles dentaires et digestifs évoqués et d’autre part à une fonte musculaire du fait d’une moindre activité (car articulations devenues douloureuses)

Nos conseils pour bien s’occuper du vieux cheval, ou déjà vieux !

Une alimentation adaptée

Du fait de ses difficultés masticatoires croissantes, le foin et les fibres longues sont de plus en plus difficiles de mastication et donc d’assimilation pour le cheval vieillissant, qui préfère l’herbe, plus facile à mastiquer mais malheureusement pas disponible en toutes saisons. L’alimentation doit donc privilégier les fibres courtes, les granulés de fibre et les aliments floconnés, en s’assurant qu’ils sont suffisamment riches en protéines et en acides aminés essentiels (principalement la lysine).

Une complémentation en vitamine C ou E est utile pour leur effet anti-oxydant, limitant le vieillissement des tissus.

Un minimum de soins dentaires

Il est fortement recommandé d’observer régulièrement le cheval lorsqu’il mange, pour détecter toute gêne à la mastication, signe immanquable de troubles dentaires. Un examen préventif dentaire tous les ans est recommandé par votre dentiste équin. Et bien sûr, s’interroger si vous constatez une perte d’état sur son état dentaire avant toute autre chose.

Une parure surveillée

Même si le cheval âgé est généralement déferré au pré durant sa retraite, un parage régulier par le maréchal-ferrant est fortement recommandé pour éviter l’aggravation des pathologies articulaires du fait de pieds douloureux. Sur terrain boueux ou par temps humide, le pied doit être maintenu sec par exemple avec du goudron de Norvège sur la fourchette et la sole. A l’inverse, par temps très sec, nous recommandons d’appliquer des onguents à base d’huile de laurier ou d’huile de pied de bœuf pour réhydrater la corne en profondeur.

… et De l’aide pour supporter les grands froids ou les fortes chaleurs

Le cheval en retraite n’a pas systématiquement besoin d’être couvert si son état de santé est satisfaisant. Ce n’est que pour les chevaux qui ont perdu de l’état ou du poil que nous recommandons d’utiliser une couverture d’extérieur très résistance, tout en vérifiant régulièrement la présence éventuelles de blessures ou d’escarres liés au frottement.

La sélection du véto pour votre cheval âgé, vieux cheval ou votre cheval vieillissant